Alexandre Soljénitsyne

Les trous noirs de la Voie lactée : des fenêtres à l’infini

par Adela Cortijo Talavera

En mouvance perpétuelle, comme les oiseaux migrateurs et les étoiles filantes, les personnages, protagonistes ou non, de Chemins d’exil, tracent des voies vitales qui se séparent et se retrouvent dans le dépaysement.

Vivre la traite négrière de l’intérieur

par Valery Rion

La puanteur des cales, les conditions de vie misérables au sein des négriers – navires qui transportent les esclaves de l’Afrique vers l’Amérique –, les maladies et la piraterie, voilà un aperçu de ce qu’a pu vivre Pedro Blanco,aventurier espagnol, qui participe à la traite négrière durant toute la première moitié du XIXe siècle. Lino Novás Calvo nous conte son histoire et s’appuie pour ce faire sur une documentation conséquente, que l’on peut retrouver dans la bibliographie qui figure dans cette édition.

Vivement Chateaubriand !

par Robert Kopp

Michel Crépu, romancier, critique littéraire, directeur – depuis dix ans – de la Revue des Deux Mondes, n’en est pas à son coup d’essai. Après avoir bataillé pour nous faire relire Bossuet, Sainte-Beuve, Charles Du Bos, voici qu’il nous pousse à reprendre Chateaubriand. Chacun des essais de Crépu est une formidable cavalcade à travers les œuvres complètes de ses auteurs phares. Le mot est à prendre au sens propre : « Fanal qui guide la marche des navires pendant la nuit » (Le Nouveau Petit Robert).

L’insolente et intarissable plume aragonienne

par Diane Antille

Au regard de la première édition parue voilà trente ans, la réédition des Écrits sur l’art moderne de Louis Aragon (1897-1982) s’impose comme le nouvel ouvrage de référence pour qui souhaite embrasser l'oeuvre protéiforme de ce protagoniste majeur du XXe siècle. Outre les textes rares, voire désormais introuvables, le présent recueil réunit les nombreux écrits que consacre en pleine guerre froide l’auteur de Hourra l’Oural à l’art soviétique.

Soljénitsyne, un géant des lettres

par Renato Weber

À la suite de l’exposition, inédite par son ampleur et son retentissement dans toute l’Europe, de nombreux manuscrits de Soljénitsyne à la Fondation Martin Bodmer de Cologny (GE), et qui nous a permis de prendre conscience des enjeux matériels d’une écriture dans la clandestinité, nous souhaiterions, en guise d’épilogue, revenir sur certains aspects de la vie et de l’oeuvre du prix Nobel de littérature 1970, décédé il y a trois ans, en lui consacrant ce dossier.

Du bonheur de la lutte au bonheur de l’échec, ou la jubilation de l’écriture

par Georges Nivat

« J’ai laissé derrière moi un jeune mort qui n’eut pas le temps d’être mon père et qui pourrait être aujourd’hui mon fils. » Ainsi parle de son père, qu’il n’a pas connu, Jean-Paul Sartre dans Les Mots. Il y évoque les Énées qui portent sur leur dos, la vie durant, leur Anchise. Serait-ce le cas d’Alexandre Soljénitsyne, qui n’a pas connu son père puisque celui-ci est mort six mois avant sa naissance, en 1918, emporté par une septicémie à la suite d’une blessure de chasse mal soignée ? D’emblée nous pouvons dire que Soljénitsyne n’a pas porté son Anchise toute sa vie, mais que volontairement, à partir d’un certain moment de sa vie et de son oeuvre, il a hissé sur ses épaules ce père, auquel il s’est identifié, qui n’est ni la figure du père qui pèse sur l’orphelin, ni celle du « fils » recréé par l’écrivain, plutôt une figure fraternelle, dénuée de toute hantise, rébellion ou reproche. Et cette recréation fraternelle du père est le troisième des bonheurs de création dans l’oeuvre de Soljénitsyne.

Soljénitsyne, le courage d’écrire

par Charles Méla

Charles Méla, ancien élève de l’École normale supérieure et professeur émérite de littérature française médiévale de l’Université de Genève, est le directeur de la Fondation Martin Bodmer.

Une journée d’Ivan Denissovitch et l’inaltérable humanité

par Isabelle Checrallah Ghanem

De 1945 à 1953, Alexandre Soljénitsyne est condamné aux travaux forcés pour avoir critiqué la politique de Staline. Il sort de l’ombre en 1962, en déposant aux bureaux de la revue Novy Mir (« Monde nouveau ») réputée libérale, un manuscrit bouleversant dans lequel il relate, avec un souci obsessionnel du détail, la journée, représentative de toutes les autres, d’un détenu. Cela s’appelle d’abord CH-854, comme le matricule de son héros, Ivan Denissovitch Choukhov. Très vite, Alexandre Tvardovski, le directeur de Novy Mir flaire le chef-d’oeuvre.

Éloge du Beau et du Déliquescent

par Vincent Gogibu

Au nombre des révolutions du XIXe siècle, le Royaume-Uni par son Aesthetic Movement formule un idéal limpide : la quête d’une nouvelle beauté. Les artistes associés recherchent la création d’une forme d’art libérée des préceptes de la Royal Academy, complètement affranchie des conventions sociales. Voici l’orée de la croisade du Beau menée par les « esthètes », de l’art pour l’art. Les tableaux ainsi peints par ces artistes épris de pureté ne comportent aucune lecture narrative, ni morale ; leurs sculptures suscitent le désir visuel et tactile ; leurs poèmes sont ciselés de « poésie pure ». Toutes les muses et leurs disciples sont animés de la même ferveur, bien que les arts décoratifs soient davantage touchés. Et pour cause. Las du mobilier banal et prétentieux de la middle class victorienne, place aux « meubles d’art », céramiques, tissus, papiers peints aux motifs chatoyants, bibelots délicats à même de figurer dignement

Le Paris de Cézanne

par Vincent Gogibu

Le nom de Paul Cézanne (1839-1906) évoque presque invariablement la Provence et son cortège de lumière. Pourtant, c’est à Paris et en région parisienne, sur les bords de Marne ou près de Fontainebleau, qu’il consacra la majeure partie de son temps pictural. Il s’y confronte tant à la tradition qu’à la modernité, élabore des « formules » qu’il expérimente à profit, en Provence lors de fréquents séjours. Son œuvre saisissante rencontre dès 1890 les suffrages et les faveurs des marchands d’art, des collectionneurs et des critiques. Picasso le considère comme « notre père à tous » et l’avant-garde au complet s’accorde à le considérer comme un précurseur de l’art moderne.

Les joujoux au Grand Palais

par Vincent Gogibu

Figurez-vous un magasin de jouets au Grand Palais, garni de mille joujoux depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Pareil rassemblement est exceptionnel et l’on ne boude pas son plaisir à venir contempler poupées antiques, miniatures en tout genre, petits chevaux, Barbie, trains, autos, avions, Playmobil, peluches et automates, jeux vidéo et soldats de plomb, soucoupes volantes et maisons de poupée.

Guillaume Tell, héros ou assassin ?

par Selena Marchetti

À vous de juger !

La (Re)naissance de la faïence

par Loris Petris

Notre perception de l’oeuvre d’art nous amène souvent à privilégier le tableau par rapport à d’autres formes d’expression artistique. Elle rétrécit dès lors notre connaissance du passé en l’enfermant dans une hiérarchie culturelle évidemment arbitraire. Il y a une année, l’exposition France 1500 au Grand Palais rappelait à quel point l’art de la Renaissance avait également brillé dans d’autres techniques comme la tapisserie, le vitrail ou la céramique, et plus particulièrement la faïence, si présente dans la vie quotidienne ainsi esthétisée, des ustensiles de table aux carreaux de pavement.

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