Issue 5

Le corps du rêve-Mia Bailey

by Anne-Claire Schmitz

Se souvenir des vidéos de Mia revient à essayer de se remémorer un rêve. On tente de retracer le début et la fin de l’histoire, d’en identifier les personnages ou encore de retomber sur le symbole révélateur.

Désincarnés

by David de Tscharner

La sexualité traverse les époques et bouleverse les cultures, se confondant avec la honte ou la banalité, le sport ou l’objet de culte. Omniprésente, elle s’impose comme l’obsession première. Des formes rondes des statuettes préhistoriques sculptées en dent de mammouth aux pénétrations en tirages argentiques par Jeff Koons, l’art apparaît de manière récurrente comme l’expression directe de la sexualité.

Chair et canon

by Justin Morin

Surexposée, lissée et démultipliée, la chair telle qu’on la représente dans les magazines de mode se résume généralement à une carcasse brillamment esthétisée. Si bien qu’il arrive parfois aux mannequins photographiés de devenir d’étranges figures, jouant aussi bien de leur séduction que de leur répulsion.

(auto)portraits de l’artiste en son absence-David Leleu

by Jean-Philippe Theyskens

Floues, «déjà vues», trois images sous verre - un paysage (?), une course de motocross, un grand visage de face - que je n’associe pas encore à un triptyque. Clippings noir et blanc agrandis, énièmes photos de photos ? Je songe aux Zeitungsfotos de Thomas Ruff (entre 1981 et 1991 ce-dernier rassembla près de 2500 images qu’il préleva dans la presse; à partir de ces archives près de 400 furent reprises, échelle 2 :1).

Paysages saturniens, légende tragique de l’homo melancholicus Renaud Regnery

by Laetitia Chauvin

Renaud Regnery, avant tout peintre de son état, s’arrache aux ténèbres de ses récents tableaux noirs pour révéler une série de photographies hors normes. à défaut de voir ses photos (trop peu souvent) montrées dans des expositions, elles sont accrochées sur mon frigo. Depuis, je me retiens de l’ouvrir pour me sustenter. Ces images sont intitulées L’Estomac de Saturne et je me demande si l’intérieur de mon propre ventre est cette nature morte aux contours indéfinis, à la surface visqueuse et reflétant la lumière qui s’épanche par le trou béant de ma bouche.